Tout cela n´a aucun sens, aucune logique mais je vais te le raconter tout de même, t´ouvrant une porte sur mon esprit un peu à part. Il est normal, enfin je crois; simplement il ne fonctionne pas tout à fait de la même façon que celui du commun des mortels.
Il me laisse ainsi entrevoir ce que bien peu de personnes sont capables de voir…
Les mystères du cerveau, ses secrets, toutes les possibilités qu´il nous offre restent à explorer. Les rêves en font partie, fantasmes refoulés ou pur moment de divagation, qu´importe les ingrédients, ce sont nos rêves et je ne chercherai pas à les interpréter. Nul besoin de cela pour les avoir en horreur ou les trouver magnifiques bien qu’ils soient souvent totalement fous…
Ce rêve-là a pris bien des chemins détournés avant de me conduire à notre plaisir; il m´a semblé si vrai, je l´ai vécu si intensément. Les sensations étaient palpables, mon état à mon réveil pouvait en témoigner; cette douce humidité ne laisse aucun doute possible quant au désir engendré.
La veille je m´étais endormie en pensant à toi.
J’avais plongé mes yeux couleur noisette dans ton regard si troublant. Il est d´un noir intense fait de douceur, douce contradiction. En m´endormant, j´ai demandé au marchand de rêves de me guider vers toi. Tu me chavires tant. Ton aura est puissante, enivrante, je l´ai sentie dès l´instant ou mon regard s´est posé sur ta photo. Il est pourtant rare qu’un cliché inanimé puisse faire passer cette sensation.
C´était un jour de mai, si je me souviens bien. Ce jour-là, sans rien savoir de toi j’étais déjà comme envoûtée.
Je capture au creux de mon esprit une de tes images afin de mieux m’imprégner de ta présence. Je la voudrais réelle. Tu es en train de me sourire, tu glisses ta main dans la mienne, et m´invites en silence à venir goutter tes lèvres…
Enivrante proposition que voilà. Tant de fois déjà je l´ai rêvée.
Il me semble que c´est à cet instant précis que le sommeil a pris possession de mon esprit, de tout mon être. Il m´a envahie doucement, me faisant sombrer dans un monde où tout devient possible, le monde des rêves.
J´étais un petit papillon qui venait virevolter tout autour de toi, me posant tour à tour sur une de tes mains, puis ta nuque pour ensuite glisser dans ton cou avant de venir prendre place sur cette jolie rose que tu tiens à la main, pour me l’offrir peut-être…
Tu m´as observée pendant des heures, comme fasciné. Peu à peu, sous ton regard, je me suis métamorphosée, redevenant moi, à un détail près. J’ai conservé les ailes, des ailes de papillon, les ailes du plaisir.
Fragiles et délicates, je devrais apprendre patiemment à m’en servir. Toi tu devras y faire très attention, les caresser avec douceur pour ne pas les déchirer ni faire disparaître la fine pellicule qui les recouvre, elle m´est vitale.
Au petit matin quand je me suis réveillée, la chambre était déjà très ensoleillée. Une douce ambiance y régnait, tendre, chaude et sensuelle. J’ai lentement ouvert les yeux en m’étirant. C’est là que j’ai constaté que nous étions deux dans le lit, deux « moi ». Ma copie conforme était allongée à ma gauche. Ma surprise fut totale. J’en ai eu le souffle coupé, des tremblements se sont emparés de moi.
L’autre «moi» dormait encore paisiblement. J’étais stupéfaite de me voir ainsi; étrange vision que de s’observer dormir comme spectatrice de soi-même. Le soleil irradiait dans la chambre, rendant la scène encore plus irréelle.
Aurais-je donc oublié durant la nuit que j’avais une sœur jumelle? Ou bien suis-je encore au cœur de l´un de mes rêves? Le marchand se serait donc trompé?
Par la fenêtre de la chambre, un papillon blanc a fait son apparition. Comme un clin d´œil à mon rêve, il est venu se poser sur le bout du nez de mon autre moi. J’ai vu son visage grimacer et au même instant, j’ai ressenti une petite chatouille sur le mien.
J’ai pensé venir le chasser du bout des doigts. À peine cette information parvenue à mon esprit, c’est la main de mon autre moi qui a fait fuir le papillon blanc de son propre nez, éliminant en même temps la sensation sur le mien.
Je suis restée là comme ébahie, ne sachant plus si j’avais ou non une hallucination.
Le papillon virevolte autour d’elle. Il s´adonne à une danse lascive, presque sensuelle, toute en délicatesse. Il a sans doute envie de la butiner. À mieux le détailler, il n´est pas vraiment blanc ce petit lépidoptère, mais plutôt rose et nacré, tout étincelant; une sorte de lumière irradie de son petit corps si fragile.
À cet instant, je repense à la définition que je me suis toujours faite du plaisir sexuel, il est à l´image d´un papillon. Il folâtre délicieusement dans le creux de mes reins, virevolte au cœur de mon ventre, papillonne à l´entrée de ma fleur dont le subtil nectar l´attire, le tout si délicatement. Butinant ma fleur, donnant à mon esprit une effervescence divine, comme des petites bulles d´air qui explosent à l´infini, libérant les milliers de particules du plaisir présentes en moi, chacune ayant une saveur toute particulière.
Hum, mais là je m´égare quelque peu face à cette représentation du plaisir et de la jouissance.
Elle, je l´avais presque oubliée, toute rêveuse que je suis, elle n´a pas bougé, elle est tel un joli fossile, mais si pleine de vie, cela ne fait aucun doute.
Je me rapproche d’elle, risque de ma main une caresse sur sa joue. Elle esquisse un sourire mais c´est mon propre corps qui frémit sous cette douce attention. Étonnée, je renouvelle mon geste, au creux de sa taille nue cette fois-ci. Là, idem, je ressens en moi la vague de plaisir qu’offre cette caresse. C’est une de celles qui éveillent les sens, le plaisir. Mes yeux se ferment, mon esprit s´évade pour te rejoindre. J´entends ta voix rassurante qui me dit de ne pas avoir peur, que je suis dans un rêve, rêve dont tu as le contrôle puisque c´est le tien. Tu me dis tout de même vouloir me laisser la possibilité de l’influencer un peu. Tu désires que ce rêve soit agréable pour moi aussi.
J’ai bien envie de vérifier si j’ai, comme me le laisse supposer les sensations, le pouvoir de diriger son corps et ressentir ses émotions. Ma main glisse sur un de ses seins, j’en frémis. Je sens cette caresse, une main douce doit me parcourir moi aussi tant la sensation me paraît réelle, elle est divine.
C´est trop fou, impossible, inexplicable. Mais à quoi bon me poser la question, je suis dans un rêve alors autant le vivre. Mes doigts effleurent délicatement son ventre avant de rejoindre sa fine toison, la caresser et se faufiler tendrement le long de ses lèvres entrouvertes. Son nectar perle…
Mes sens s’affolent, mon corps est en ébullition, j´aime cette sensation. Mes cuisses s’écartent d’elles-mêmes, ma peau frisonne, la sienne également et je la sens qui s’éveille.
L´intensité des frissons rend mon plaisir double, multiple et très perturbant mais c’est si plaisant que je m’y abandonne.
Tu es maintenant juste là à mes côtés, ton regard m´encourage. Je lui propose, par transmission de pensées de venir nous rejoindre. Lentement elle ouvre les yeux, nous regarde. Elle est souriante, son regard pétille, j’en suis ravie. Elle me dit qu´elle me trouve très jolie et que j’ai bien tort de ne pas aimer mon corps et tout ce qu’il dégage.
Pourquoi ces mots? Je n’ai pas le temps de lui poser la question que déjà elle s’évapore, comme par magie.
Le papillon lui est toujours présent. Il ne semble pas chercher la sortie et vient même près de nous; c´est comme s’il nous observait. Le silence qui règne dans ma chambre n´est pas pesant, au contraire, il est plein de nous et prend tout son sens lorsque tu plonges tes yeux au plus profond de mon regard comme pour tout lire de moi, scanner mes pensées, mes désirs, mes secrets, un échange sans mot, un regard soutenu, avec intensité. Je ne te laisserai pas tout « voir », je dois garder un peu de mes secrets pour ne pas rompre le charme.
Non! Chut, ne dis rien, tu gâcherais tout. J’aime cet instant, laisse-moi le savourer encore pour me fondre en toi. Tu me chavires et tu en as parfaitement conscience, je peux le lire sur ce petit sourire que tu m’adresses.
Tu sais sans doute combien j´aime avoir le dessus et me voilà toute vulnérable avec toi, c´est déstabilisant, excitant également. Les émotions se contredisent, se mêlent et me font tournoyer. Je ferme les yeux un instant, le décor a changé, nous sommes dans un lieu qui semble idyllique. Il y a là de l´herbe verte et tendre, des fleurs à profusion, des papillons et des oiseaux dont le chant nous berce, une cascade limpide. Il fait chaud, le soleil brille et nous sommes bien.
Tu t’avances vers moi et plante ton regard dans le mien, petit duel, c’est à celui qui parviendra à le maintenir sans flancher, ni succomber à cette affolante envie de venir goutter les lèvres de l’autre, s’y égarer et perdre tout contrôle de nous.
Chut…, ne pas trop en dire, ne pas tout se dire, garder tout cela un peu secret, maintenir présent le mystère de cette rencontre improbable et magnifique…
Je rends les armes avant toi, comment puis-je résister à ton regard? Tes yeux parlent pour toi.
Oui, je te l’offre ce baiser. Laisse nos corps, se trouver, se retrouver comme il y a tant d´années, dans une autre vie, sous un autre ciel.
Ancre ton cœur dans le mien, que nos corps fusionnent, mais surtout, ne me l´ouvre pas entièrement, laisse moi juste y entrer. Fais-moi une petite place, libère juste un peu d´espace pour moi, sans réduire ton espace vital; c´est important, conserve-le toujours, n’oublie jamais cela.
Je suis ta femme-papillon, celle qui a tant envie de vivre avec toi des moments inoubliables; j´entre dans ton monde, une dimension à ton image, entre folie et douceur. Ta voix, elle me plait tant ta voix. Je t´entends me chanter, presque en chuchotant, là à mon oreille, cette chanson si touchante que tu m’as écrite.
Tes intonations de voix éveillent en moi une émotion si particulière, comme si je les connaissais depuis toujours. Les émotions que tu me transmets me troublent au plus haut point. C´est un peu comme si nous nous étions cherchés sans jamais nous trouver, passant et repassant l’un à côté de l´autre sans avoir réussi à nous voir.
Et là, l´instant suivant on se reconnaît et s’apprivoise, si naturellement, c’est inné, on s’accorde malgré toutes nos différences.
On se complète à merveille, tu es la nuit et sa lune, je suis le jour et son soleil. Nos heures se suivent, se succèdent sans jamais se séparer vraiment, indissociables et pourtant totalement indépendants l’un de l’autre.
Tu as très bien choisi la mélodie pour écrire cette chanson, elle t´a guidé et tu t’es sans doute calqué sur elle pour faire naître tes mots; je suis charmée, envoûtée, émue.
Je suis juste là devant toi, te tournant le dos, tes lèvres dans mon cou sont délicieuses, ton souffle dans mes cheveux m´effleure, je me sens bien. Pourtant je me retourne pour enfin venir goutter à tes baisers; je ne sais plus pourquoi je les avais quittés d´ailleurs. Pour entendre ta chanson sans doute, ce rêve est si étrange…
Je fonds sous tes doigts, mon corps se fait mielleux, comme pour mieux épouser le tien. Tes mains se saisissent de mes hanches et tu imprimes un doux mouvement circulaire, presque imperceptible en poussant tendrement ton bassin tout contre le mien. Je découvre avec délectation la douceur de ta peau, la délicatesse de tes mains avec lesquelles j’aimerais te voir me jouer la douce mélodie du plaisir. Je me ferai ton instrument si tu le désires; joue de moi, joue sur moi, avec moi.
Fais-toi doux et animal, viens me prendre avec force et douceur à
Sers-toi d’elle pour notre plaisir, que ta folie s’empare de la mienne, qu’elles se fondent, se confondent, nous fassent tournoyer, chavirer.
Griffes moi en douceur, mords ma nuque sans douleur. Serre-moi contre toi, que mon cœur batte tout contre le tien.
Je suis dans un état second, somnolente sans doute. J’évolue dans cette ambiance érotique. Ton pique se dresse en moi, m’arrachant un cri de plaisir, promesse de jouissance à venir.
Caresse mes courbes, imprime-les dans ton esprit torturé pour les garder à jamais dans ta mémoire. Nous vivons peut-être là nos tout derniers ébats coquins, nous sommes peut-être en train de mourir, mourir de plaisir. N’y a-t-il pas plus belle mort, petite mort? Jouir puis mourir. Renaître de plaisir, revivre encore, aimer tout de la vie, la savourer, te déguster, mourir à nouveau dans un orgasme libérateur… Mon âme s´y perd, les yeux dans les yeux, je nous vois nous aimer, comme spectatrice…
Soudain un flash, une lumière vive, je me réveille, ouvre les yeux, j´entends ta voix, la chanson se termine. J’étais tout simplement là, devant mon PC, mais si loin pourtant.

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Douceur papillon
Sorti de son cocon
Paré de mille et une couleurs
Pose toi sur mon coeur
Butine, danse, vole, nourris-toi de la fleur
D'un battement d'ailes malicieux séducteur
Au charme ensorceleur.
Muse
Continue à rêver pour nous faire rêver...
A très bientôt... Bises
François
On a pas envie que ce soit un rêve, cette fiction est une réalité...
Réalité de tes sens, de tes envies, de ta liberté d'aimer...
Mille fantasmes réunis en un seul comme un papillon qui vole de fleurs en fleurs lors de la même journée, multiple et unique à la fois...
Bises
Vos mots à vous..